Dans l’article sur les ransomwares, je terminais par un conseil : « vérifiez vos sauvegardes ». Beaucoup d’entreprises m’ont répondu la même chose : « on a un disque dur branché sur le serveur, ça tourne tout seul ». Mauvaise nouvelle : ce n’est pas une sauvegarde, c’est une illusion de sauvegarde. Voici la méthode simple que les professionnels utilisent depuis des années, et pourquoi elle sauve des entreprises.
Pourquoi la plupart des « sauvegardes » ne sauvent rien
Le disque USB branché en permanence ? Un ransomware le chiffre en même temps que le serveur, une surtension le grille avec le reste, un vol emporte les deux. Le NAS accessible depuis le réseau ? Même problème : ce que votre serveur peut atteindre, un pirate installé sur votre serveur peut l’atteindre aussi. Et la sauvegarde « qui tourne toute seule depuis 2019 » sans que personne n’ait jamais tenté une restauration ? Dans mon métier, on appelle ça un billet de loterie.
La règle 3-2-1, simple et incassable
Trois chiffres à retenir : 3 copies de vos données (l’original + deux sauvegardes), sur 2 supports différents (par exemple un NAS et un cloud, ou un NAS et des disques en rotation), dont 1 copie hors site, physiquement ailleurs que dans vos locaux. Un incendie, un cambriolage ou un dégât des eaux ne peut pas emporter une copie qui n’est pas là.
La version moderne ajoute un quatrième ingrédient : une copie hors-ligne ou immuable, déconnectée du réseau, ou verrouillée en écriture pendant une durée définie. Même un pirate qui possède tous vos mots de passe ne peut ni la chiffrer ni la supprimer. C’est LA parade aux ransomwares actuels, qui cherchent systématiquement à détruire les sauvegardes avant d’attaquer.
« On est dans le cloud, on est tranquilles », pas si vite
Microsoft 365 réplique vos données entre ses centres de données, mais ne les sauvegarde pas au sens où vous l’entendez. Un email supprimé au-delà de la période de rétention, un compte piraté qui vide le OneDrive, un fichier écrasé il y a deux mois dont vous avez besoin aujourd’hui : Microsoft vous répondra poliment que c’est votre responsabilité, c’est écrit dans le contrat. Une sauvegarde tierce de votre messagerie et de vos fichiers cloud fait partie d’un vrai plan 3-2-1.
Une sauvegarde n’existe que si la restauration fonctionne
La seule mesure qui compte, c’est : en combien de temps repartez-vous ? Testez régulièrement une restauration réelle, un fichier, un dossier, puis une fois par an un serveur complet. Chronométrez. Si la réponse est « on ne sait pas » ou « quelques semaines », votre plan de sauvegarde a besoin d’une révision, pas d’un disque de plus.
Par où commencer, concrètement
Faites l’inventaire de ce qui est vital (compta, dossiers clients, logiciel métier, emails), vérifiez où chaque donnée est copiée, débranchez du réseau au moins une copie, et planifiez un test de restauration ce trimestre. C’est un chantier d’une journée pour une PME classique, à comparer aux semaines d’arrêt qu’il évite.
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